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La tactique de base du compte d’auteur abusif, par Thierry Rollet

L’édition à compte d’auteur n’est pas intrinsèquement malhonnête. En France, elle est régie par l’article L.132-2 du Code de la Propriété Intellectuelle du 1-7-1992 (anciennement article 49 de la loi du 11-3-1957) et constitue une prestation de services pour un auteur qui, selon des raisons qui lui appartiennent, décide de conserver tous ses droits sur son ouvrage.

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Pour être honnête, une édition à compte d’auteur doit obéir à au moins 4 critères de base :

  1. l’éditeur ne publie que des ouvrages de qualité ;
  2. le contrat d’édition mentionne clairement « édition à compte d’auteur » (le public n’a pas besoin de le savoir, mais cela doit rester clair entre l’auteur et l’éditeur) ;
  3. l’auteur choisit le nombre d’exemplaires qu’il veut faire imprimer, étant donné que c’est lui qui les paie (toute nouvelle réimpression doit d’ailleurs donner lieu à un nouveau contrat) ;
  4. l’éditeur peut proposer à l’auteur un service minimum de publicité et de diffusion ; dans ce cas, il est normal qu’il en demande rétribution (un pourcentage sur les ventes, par exemple) ; mais l’auteur reste libre de gérer son stock comme il l’entend, voire de faire du porte à porte pour le vendre s’il le désire.

Certains « éditeurs », qui déshonorent le métier, profitent de l’ignorance des écrivains occasionnels ou non informés quant à l’édition pour mélanger allégrement compte d’auteur et compte d’éditeur.

Ainsi, certains font croire à l’auteur qu’il ne paie que la maquette de son ouvrage, laquelle lui sera facturée entre 1500 et 3000 euros. Une maquette coûte entre 20 et 100 euros en tant que telle (renseignement pris auprès d’imprimeurs). Ces « éditeurs » traquent leurs victimes dans des journaux peu regardants, souvent à l’adresse des personnes âgées. J’ai connu ainsi bon nombre de retraités qui se lançaient dans l’écriture, voire dans l’édition de leurs mémoires et qui se sont ainsi retrouvés soulagés de leurs économies. Une dame ainsi piégée (deux livres « édités » pour un total de 6000 euros !) et qui reprochait à son « éditeur » de ne pas vendre son livre, a reçu la réponse suivante : « Comment voulez-vous qu’on vous vende ? Vous n’êtes pas connue ! » Autrement dit, pour vendre dans de telles conditions, mieux vaut être une personnalité médiatique !

D’autres « éditeurs », encore plus roués que les précédents, donnent à leurs contrats un aspect en apparence positif puisqu’il garantit des versements réguliers de droits d’auteur, ainsi que la remise de 20 à 50 exemplaires gratuits. Cependant, l’auteur doit débourser, pour payer les frais d’impression et de « gestion », entre 600 et 3000 euros. Il s’agit donc bien de compte d’auteur ! Dans ce mode d’édition, il ne saurait être question de droits d’auteur : le stock appartient à l’auteur, puisqu’il en a payé tous les frais ; il est donc libre d’en encaisser lui-même le produit des ventes. L’existence de « droits d’auteur » dans ce mode d’édition permet donc à un « éditeur » fort peu scrupuleux d’encaisser, par exemple, 80% du produit des ventes en laissant « généreusement » à l’auteur 10% de droits, voire davantage ; mais il lui vole ainsi un important pourcentage sur un stock qui ne lui appartient pas : encore une fois, ce stock constitue l’exclusive propriété de l’auteur puisqu’il l’a payé ! Parler de droits d’auteur dans ce mode d’édition est donc une aberration touchant à l’abus de confiance.

Et les exemplaires gratuits ? Mais ils font partie du stock initial, ce stock que l’auteur a payé ! C’est sans doute ce qui permet à « l’éditeur » de lui en fournir « gratuitement » entre 20 et 50 exemplaires ! Payer pour recevoir gratuitement, n’est-ce pas le comble des combles ?

Par conséquent, fuyez comme la peste ces contrats plus que douteux. Préférez, si vous tenez à conserver vos droits sur votre texte, un contrat à compte d’auteur s’inspirant des quatre principes cités plus haut, ou bien pratiquez l’autoédition en confiant votre bébé de papier à un imprimeur. En cas de conflit avec un « éditeur » abusif, vous n’êtes d’ailleurs même pas sûr de gagner le procès : le secrétaire de la Société des Gens de Lettres me disait récemment qu’en France, depuis la crise de 2009, les tribunaux estiment qu’il faut que l’économie « marche » à tout prix, même si l’on arnaque quelque peu les gens. Bien sûr, ces paroles n’engagent que lui, mais quelle tristesse lorsque de tels faits se vérifient… !

Thierry ROLLET,  Agent littéraire

« Le Prince Fou » (tome 1) n’est pas comme les autres livres d’histoire

L’auteur et éditeur Guy Boulianne a obtenu un important article sur le site internet de l’Atelier des médias (plus de 16 717 membres), appartenant à Radio France International. Celui-ci vient tout juste de publier son tout nouveau livre intitulé « Le Prince Fou » (tome 1), paru aux Éditions Dédicaces. Le livre est disponible chez Amazon et autres boutiques en ligne.

Le Prince Fou (tome 1)Écrit par Jacob Fletcher : Guy Boulianne est connu comme ayant pris plusieurs emplois tout au long de sa carrière, et maintenant vous pouvez ajouter écrivain d’histoire à cette liste. Il vient de publier livre intitulé « Le Prince Fou » (tome 1), qui n’est pas du tout comme les autres livres d’histoire que vous pourriez avoir lu auparavant. Comme vous pouvez déduire dès le début de cette anthologie de textes — dans laquelle M. Boulianne détaille l’histoire et le symbolisme de la fleur de lys dans le contexte français — Le Prince Fou est un examen de l’histoire au niveau « micro ». Ainsi, alors que le livre fournit les biographies des personnalités historiquement importantes — des gens comme Sigisbert VI et Jean Ier de Berry — une grande partie de son texte se concentre sur les aspects plus micro de l’histoire. Par exemple, en plus de l’histoire de la fleur de lys, il aborde également l’histoire de l’oriflamme et l’histoire de la ville de Bourges. Il commente également un texte sur la principauté juive en France à l’époque médiévale, en y ajoutant sa perspective unique.

Une partie de sa mission consiste à retracer la lignée de sa propre famille, qui remonte en Europe, il y a plusieurs siècles. Plus précisément, M. Boulianne analyse la famille à partir de ses origines, en traversant l’ère protestante, et relate même les détails actuels de celle-ci. Il raconte aussi l’histoire ancienne de deux bûcherons, l’un d’eux un descendant de la famille de Bouillanne, qui étaient assez courageux pour sauver des griffes d’un ours le futur « Louis XI ».

M. Boulianne est également un promoteur de micronations, qui sont des entités « politiques » parallèles qui se considèrent comme des nations indépendantes, même si elles ne sont pas reconnues par les gouvernements nationaux. Les membres de certaines micronations aspirent à être reconnus sur le plan politique, tandis que d’autres servent simplement aux membres à se réunir et à se renseigner sur les questions historiques. En tant que promoteur de micronations, M. Boulianne fait partie des micronations de Sealand (au Royaume-Uni) et de Ladonia (en Suède). Il a également fondé le Royaume de Nova Francia, qui est situé au Québec (www.novafrancia.ca et www.novafrancia.com). Certains texte de son livre se concentrent sur des événements relatifs aux micronations, qui correspondent bien avec les autres aspects de la microhistoire.

En outre, les lecteurs connaissent aujourd’hui M. Boulianne soit comme un écrivain ou soit comme le créateur de Dédicaces, une maison d’édition qu’il a fondée en 2009 (www.dedicaces.ca).

Jarl Alé de Basseville

Jarl Alé de Basseville

Cependant, il n’est pas seulement un éditeur de livres. Au contraire, il est aussi un poète habile — il a publié son premier recueil de poésie, « Avant-Propos d’un prince fou », à l’âge de vingt ans — et il a été le responsable de trois galeries d’art au Québec, incluant Imagine, qu’il a lui-même fondée.

En fin de compte, M. Boulianne est un excellent écrivain. Il peut habilement gérer les aspects de l’histoire au niveau micro, ainsi qu’au niveau macro. Bien sûr, il explique clairement et succinctement ses idées ; mais une partie de la raison pour laquelle il est tellement un grand écrivain, c’est qu’il étudie son travail à fond. En fait, il a passé plusieurs années à étudier ces aspects de l’histoire européenne ; le résultat, vous pouvez bien imaginer, est Le Prince Fou. De plus, ce livre s’agence bien avec sa carrière variée.

Nous attendons avec impatience le deuxième tome, un livre qui, nous savons, sera aussi bon que le premier – ou, peut-être même mieux.

La préface a été écrite par Jarl Alé de Basseville.

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