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Les prérogatives de l’éditeur, par Thierry Rollet

D’après certaines observations qu’il m’arrive de recevoir, je dois constater que certains auteurs – pas tous, Dieu merci ! – ne comprennent que très partiellement les prérogatives importantes d’un éditeur vis-à-vis d’un auteur. Il me semble donc nécessaire, en ma qualité d’agent littéraire, d’éclairer les auteurs sur ce sujet délicat.

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Auteurs, sachez tout d’abord que, dès que vous avez signé un contrat, l’éditeur est propriétaire de votre ouvrage, c’est-à-dire de tous les droits de reproduction et d’exploitation. Traduisez : il peut en faire ce qu’il veut, le publier sous le(s) format(s) et selon le tirage qu’il souhaite, signer en votre nom d’autres contrats d’adaptation sous d’autres formes (éditions club, sonores, audiovisuelles) et aussi le vendre et le promouvoir comme il l’entend, en utilisant des moyens dont il est seul juge, concernant notamment les méthodes de diffusion. Rien ne sert à l’auteur, par conséquent, de critiquer les méthodes de l’éditeur, voire de s’insurger contre tel ou tel procédé [1]. Je vous conseille donc plutôt de négocier avec lui, de faire valoir vos arguments sans aucune agressivité, de présenter des suggestions… bref, de discuter avec courtoisie sans vous braquer contre votre éditeur, du fait qu’il représente tout de même votre allié privilégié dans votre projet éditorial commun. Et s’il n’agrée pas certaines de vos suggestions, ne vous formalisez pas : il se peut qu’il n’ait ni l’opportunité ni les moyens de les accepter – ce qu’il vous expliquera sans doute car la plupart des éditeurs sont des gens honnêtes et sérieux, qui respectent leurs contrats à la lettre.

C’est pourquoi je vous donne le conseil de bien lire le contrat, voire de demander des précisions sur tel ou tel point qui vous paraît obscur avant de signer : cela vous évitera bien des malentendus qui pourraient déboucher sur des incompréhensions mutuelles, voire sur des déconvenues.

En outre, faites bien attention à la durée d’un contrat. On peut distinguer à cet égard, Dans l’édition à compte d’éditeur classique, deux types principaux de contrats :

  1. ceux dont la limite est annoncée : la date ou la durée limite [2] est alors annoncée dans le contrat. Notez bien que tout éditeur peut stopper le contrat dès épuisement du tirage ; cette clause est prévue dans tout contrat d’édition [3];
  2. ceux dont la limite n’est pas annoncée : la durée est donc quasi-illimitée puisqu’elle concerne la durée de la propriété intellectuelle, soit toute la vie de l’auteur plus 70 ans après son décès [4]. Dans ce cas, la clause de durée est infiniment plus exigeante, car elle donne à l’éditeur le droit de mettre votre livre au pilon si, par exemple, il estime qu’il ne se vend plus assez à son goût. Il pourra ensuite, s’il le désire, le réimprimer et le remettre en vente quand il voudra, selon, par exemple, telle ou telle occasion commerciale. Tout cela sans contestation possible de votre part car il est, je le répète, seul juge de ses décisions en ce qui concerne tous les ouvrages qu’il publie.

Notez bien que tout éditeur, puisqu’il dispose du droit d’accepter ou de refuser tel ou tel ouvrage, est donc seul juge du moment où il souhaite arrêter le contrat d’édition – et ce, toujours sans contestation possible de la part de l’auteur.

Par ailleurs, le droit de préférence qui oblige l’auteur à présenter prioritairement toutes ses futures œuvres à son éditeur [5], mais sans contraindre l’éditeur à les accepter, peut paraître une clause particulièrement léonine mais elle aussi sans contestation possible après signature du contrat. Seule possibilité, encore une fois : négocier avant de signer.

J’aimerais citer, en guise d’illustration, un cas de figure : un auteur de ma connaissance, publié chez un grand éditeur parisien mais dont le livre ne se vendait pas suffisamment au regard de cet éditeur, vit son ouvrage non seulement mis au pilon mais encore disparaître du catalogue. L’éditeur lui fit ensuite savoir que « le contrat se trouvait résilié du fait de l’épuisement du stock. » Bien sûr, l’auteur protesta, arguant que, si le stock était épuisé, c’était parce que l’éditeur l’avait mis au pilon. L’éditeur ne s’émut pas pour si peu, arguant à son tour que poursuivre l’exploitation de l’ouvrage ne l’intéressait plus. Il est vrai que l’auteur n’avait jamais participé ni à un salon du livre ni à une séance publicitaire avec les médias…

En effet, un éditeur, surtout parmi les plus importants, ne souhaite pas seulement publier de bons auteurs écrivant de bons livres – ce qui pourrait s’intituler la « capacité intellectuelle » de l’auteur. Ce qu’il recherche également, c’est la « capacité commerciale » de l’auteur, c’est-à-dire la possibilité pour l’auteur d’être une personne publique, apte à défendre son(ses) livre(s) devant les médias et le public, au cours de salons du livre, de contacts avec les médias, notamment d’émissions radiophoniques ou télévisées, etc. Si tel grand éditeur s’aperçoit que tel auteur reste plutôt renfermé sur lui-même, il préfèrera l’abandonner, surtout si les ventes des livres sont nettement inférieures à ses espérances. Tel fut le sort, triste mais prévisible, de l’auteur précité.

Enfin, la clôture d’un contrat ne requiert jamais de contre-signature de la part de l’auteur. Cette décision dépend elle aussi de l’éditeur seul, en conformité avec tout contrat.

Peut-être la lecture de cet article vous aura-t-elle découragé de publier – du moins chez un éditeur ? Il est vrai que l’on peut toujours se tourner vers l’autoédition, comme l’ont fait d’illustres prédécesseurs [6], afin d’éviter ce que l’on peut considérer comme d’insupportables contraintes. Mais, outre que des auteurs reconnus les ont subies avant vous, sachez bien qu’elles vous permettent d’exister en tant qu’auteurs, même si elles semblent favoriser avant tout l’éditeur.

Donc, si vous voulez, négociez, suggérez si le contrat ne vous satisfait pas mais, avant tout, ménagez votre éditeur, puisque vous comptez sur lui pour réaliser votre rêve : être publié.

Thierry ROLLET, Écrivain – éditeur – agent littéraire

Article paru en septembre 2013 dans le n°21 de la revue PDF le Scribe masqué, publiée en ligne par l’entreprise SCRIBO DIFFUSION.

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  1. Tout recours judiciaire serait également voué à l’échec, du moment que l’éditeur n’a violé aucune des clauses du contrat.
  2. Par exemple, les contrats du Masque d’Or sont limités à trois ans.
  3. Peuvent exister parallèlement certaines dispositions permettant à l’éditeur et même à l’auteur d’arrêter le contrat (exemple : article 2 bis des contrats Masque d’Or).
  4. 100 ans si l’auteur est « mort pour la France » (exemple : les livres du lieutenant Charles Péguy, poète tué en 1914, entreront dans le domaine public en 2014). Un contrat d’édition classique (= à compte d’éditeur) est fondé sur les articles L.132-1 et L.131-2 du Code de la Propriété intellectuelle.
  5. Ces œuvres peuvent être limitées à un genre pré-établi dans le contrat (exemples : roman, roman et nouvelles, roman fantastique ou de science-fiction, polar, essai, etc). Le droit de préférence est régi par l’article L.132-4 du Code de la Propriété Intellectuelle.
  6. Baudelaire (1ère édition des Fleurs du Mal), Verlaine, Rimbaud… et, plus près de nous, Proust et Pagnol.

Christian Godefroy est décédé, emporté par une crise cardiaque (1948-2012)

Christian-GodefroyLa nouvelle est tombée ce matin : Christian Godefroy est décédé, emporté par une crise cardiaque ce lundi 19 novembre alors qu’il séjournait aux Etats-Unis. Christian Godefroy, né le 25 Octobre 1948, est un auteur et un copywriter à succès qui a fait fortune dans la vente par correspondance, puis sur Internet. Il est aujourd’hui considéré comme le plus grand marketeur internet francophone actuel et a aidé nombreux de ces étudiants a devenir indépendants financièrement en les formant aux métiers d’Éditeur Internet et de Copywriter.

Christian Godefroy est né dans une famille parisienne d’artisans mécaniciens de père en fils. Très jeune, il appris de son père que tout peut être réparé et que tout problème a une solution, et de sa mère, un goût prononcé pour la lecture et l’écriture. Garçon timide, mal dans sa peau et faisant une scolarité médiocre, il se mit à s’intéresser au développement personnel, persuadé que la vie recèle des secrets et des raccourcis permettant d’accéder au bonheur, à la prospérité et au succès.

Adulte, et devenu maitre dans cet art, Christian Godefroy crée une première entreprise de formation à l’expression orale, au développement personnel et à la dynamique mentale. Il publie également son premier livre La Dynamique Mentale, qui fait encore aujourd’hui autorité en la matière. Il fonde ensuite une maison d’édition, Les Editions Godefroy, qui devient rapidement le leader français en matière de développement personnel, en publiant par exemple des livres devenus références tel que l’incroyable – et malheureusement difficile à trouver – Psycho-cybernetique de Maxwell Maltz (lisez ce livre si vous le trouvez !)

Fortune faite, Christian Godefroy vend sa maison d’édition afin de se consacrer entièrement à sa passion : l’écriture. Au début des années 2000, Christian Godefroy se lance le défi de faire de nouveau fortune, mais cette fois-ci, sur Internet. Il crée le site devenu référence dans le domaine du Développement Personnel : le Club Positif et publie de nombreux livres tels que : S’aider soi-même par l’auto-hypnose, Comment écrire une lettre qui vend, ainsi que des formations en développement personnel et marketing internet comme – entre autres – Les Secrets du Marketing Editeur Internet, Le Master en Génie de l’écriture, la Bible du Copywriting ou l’excellent Club Editeur Internet.

COMMUNIQUÉ : Nous, Emilia sa chère femme depuis 17 ans, ses enfants, ses proches et ses collaborateurs avons la douleur de vous annoncer le décès de Christian. Il s’est éteint, le 17 novembre 2012 à Miami, suite à une crise cardiaque, Emilia à ses côtés. Nous ne vous avons pas écrit plus tôt, car la tristesse de sa disparition nous a infiniment tous bouleversés. Veuillez nous en excuser. Notre attention a d’abord été pour sa femme et les siens. Nous avons aussi pensé à vous, il nous fallait jeter un pont sur l’avenir.

La mort n’est pas une fin, c’est toujours le début d’autre chose. Nous avons pris le temps de nous concerter, de nous organiser et de nous exprimer. Christian a toujours voulu que le Club continue. Et pour nous, la réponse est apparue très rapidement dans toute son évidence. Nous le voulons aussi ! Et nous sommes décidés à poursuivre son travail et sa passion. Partager son oeuvre, diffuser sa pensée, réaliser ses projets emplit notre coeur de positivité, dans cette période de larmes et de douleur.

Nous avons eu une chance inestimable de travailler avec lui, de profiter de ses conseils, de partager son enthousiasme. Il nous a énormément appris et nous a toujours fait confiance. Aujourd’hui, le moment est venu pour nous de prendre le relais. Nous comptons sur vous pour nous y aider afin qu’il soit fier de nous tous.

Pour commencer, il nous a laissé quelques consignes… « au cas où »… La première est de vous aimer autant qu’il l’a fait au travers du Club Positif. Nous nous y engageons ! La deuxième est de vous transmettre des trésors que vous conserverez précieusement en souvenir de lui. Ils vous parviendront très prochainement. La troisième est de nous occuper de ses chers étudiants. La tâche nous sera facile : il avait tout préparé et nous a formés !

Tout ce qui est en cours est géré avec un peu de retard. Merci d’avance de votre indulgence. Nous avions programmé en avance de nombreux messages de Christian. Ne soyez pas étonnés si vous en recevez encore. Voyez en ces mails un signe qu’il est toujours là, près de vous… toujours prêt à vous donner un bon conseil.

Christian ne laissait personne indifférent. Il émanait de lui de la bonté, de la bienveillance, de la gentillesse et de la compréhension. Il avait l’esprit ouvert et ne jugeait pas, mais essayait de comprendre avant tout. Son intelligence, sa créativité, son intuition sont des sources d’inspiration infinies. Il voyait toujours des opportunités où d’autres voient des obstacles. Il était optimiste, enjoué, dynamique et sa joie, son enthousiasme et ses rires étaient tellement communicatifs… On se sentait bien auprès de lui. Amoureux de la vie, capable de s’émerveiller à chaque découverte et expérience, son grand coeur, sa générosité, sa fidélité et sa disponibilité sont autant de qualités qu’il possédait, qui nous touchaient et qui nous manqueront.

Il est parti mais il continuera à vivre avec toutes ces qualités au travers de ses oeuvres et du Club Positif et dans notre coeur à tous pour toujours.

Bien amicalement,
Votre équipe du Club Positif

Emilia, Jessica, Farah, Ivone, Jean-Claude, Joëlle,
Karim, Reynaldo, Sandra, Sylvie, Vérane et Yasmina

PS: Quelques images pour rendre hommage à Christian >>>>

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