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La littérature de jeunesse

J’ai plusieurs fois écrit sur ce sujet, du fait que, selon le proverbe bien connu : « On revient toujours à ses premières amours. » La littérature de jeunesse est mon premier amour d’écrivain car elle fut la source d’inspiration de mes premiers romans dès 1981. Certes, elle fut presque immédiatement contrariée du fait de la disparition de la mythique collection Signe de Piste, dont les publications et les auteurs les plus connus (Serge Dalens, Jean-Louis Foncine et les dessins de Pierre Joubert) ont enchanté plusieurs générations d’enfants et d’adolescents. Il m’a fallu attendre jusqu’en 2012 pour apprendre que cette collection, après diverses tentatives de reprises toutes avortées, venait d’être rééditée par les éditions Delahaye , qui ont accepté de reprendre mon premier roman Kraken ou les Fils de l’Océan et d’en éditer d’autres depuis. Je travaille en ce moment sur un autre projet de tétralogie avec l’un des autres auteurs du Signe de Piste.
Pardonnez-moi d’avoir cité d’abord mon exemple : c’était seulement pour démontrer que la littérature de jeunesse, après avoir connu un ralentissement, retrouve aujourd’hui ses lettres de noblesse et bénéficie d’un engouement certain. Oui, les jeunes lisent ! Il leur faut de l’aventure, du suspense, de la distraction, de l’histoire, de l’imaginaire et aussi de l’amitié et de l’espérance. Telles sont justement les valeurs défendues par le Signe de Piste.
Non, je ne fais pas de réclame : je désire avant tout prouver que la littérature de jeunesse n’est pas une sous-littérature mais un genre littéraire à part entière. En outre, je voudrais faire savoir que tout auteur peut s’y mettre, s’il est capable de se placer à la portée du jeune public et de ce qu’il attend de ses auteurs préférés : de la sincérité et une écoute permanente, en surplus des valeurs précitées.
Certes, bien des éditeurs peu scrupuleux ont placé dans des collections pour adolescents des œuvres classiques qu’on étudie à l’école mais sans aucun rapport avec ce qu’attendent les jeunes. Ainsi, l’ancienne collection 1000 Soleils des éditions Gallimard, vantée par cet éditeur comme étant « la bibliothèque idéale de chaque adolescent », n’avait pas hésité à publier l’Étranger d’Albert Camus. Ce choix n’est pas du tout défendable, Camus – qui est un de mes auteurs préférés, je le souligne – n’ayant jamais eu pour principe de s’aligner dans les collections pour le jeune public. Par ailleurs, des romans comme l’Île au trésor de Robert-Louis Stevenson et les Voyages de Gulliver de Jonathan Swift furent placés dans ce registre alors qu’ils n’étaient en aucune façon dédiés au jeune public au moment de leur publication. S’il faut dater la littérature de jeunesse en France, on retiendra plutôt la seconde moitié du 19ème siècle avec Jules Verne et ses Voyages extraordinaires – parodiés par son illustre imitateur, Paul d’Ivoi, avec ses Voyages excentriques : ainsi commença dans notre pays la littérature de jeunesse. On peut citer aussi Jules Hetzel, l’éditeur de Jules Verne, qui publia le roman bien connu les Patins d’argent sous le pseudonyme de P. J. Stahl. La vogue était lancée et n’a jamais démérité, malgré les vicissitudes du marché.
Donc, la littérature de jeunesse est dans le vent ! Raison de plus pour que j’y retourne moi-même – en surplus des déceptions que m’a causées la littérature pour adultes. Le Masque d’Or s’efforcera de ne pas rester lui-même en dehors de ce nouveau circuit : il créera bientôt une collection pour jeunes. Auteurs, à vos claviers !

Thierry ROLLET

Le plagiat, qu’est-ce que c’est au juste ?

On se pose souvent la question : qu’est-ce que le plagiat ? Littéralement, cela consiste pour un auteur « à donner pour sien ce qu’il a pillé chez autrui » (Larousse). Oui, certes, si un auteur se permet de publier sous son nom le texte intégral d’un autre, c’est un plagiaire. Cependant, on peut encore se demander si les idées (sans les textes) peuvent légalement passer pour un plagiat quand deux auteurs utilisent les mêmes, quitte à les remettre chacun à leur sauce personnelle.

Pour ma part, je pense que non car, dans ce cas, on n’en finirait plus de se plaindre et de condamner !

Je voudrais citer un exemple concret : à mon avis, par exemple, le Dragon des Fenstone (une aventure de Bob Morane) de Henri Vernes est la copie conforme (dans les grandes lignes) du Chien des Baskerville de Conan Doyle. Ainsi :

Le Chien des Baskerville le Dragon des Fenstone
L’histoire se passe dans une région marécageuse d’Angleterre L’histoire se passe dans les Everglades, une région marécageuse de Floride
Une malédiction pèse sur la famille Baskerville Une malédiction pèse sur la famille Fenstone
Un chien « issu de l’enfer » menace les Baskerville Un dragon « issu de l’enfer » menace les Fenstone
Un grand chien est dressé et grimé pour le rendre plus terrifiant Un grand boa est dressé et on lui ajoute des accessoires pour en faire un dragon
Sir Henry Baskerville est sauvé à la fin par Sherlock Holmes et Watson Lord Fenstone est sauvé à la fin par Bob Morane et Bill Ballantine
Les coupables sont les Stapleton, bâtards de la famille Baskerville, qui voulaient accaparer sa fortune Le coupable est le frère cadet de Lord Fenstone, qui voulait accaparer sa fortune

Si le plagiat considère aussi les idées, Henry Vernes aurait pu être condamné. À ma connaissance, il ne l’a jamais été, Dieu merci. Donc, on n’a pas dû considérer qu’il y avait plagiat.

C’est peut-être moins évident qu’on ne le croit… à voir !

Thierry ROLLET

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