Boulanger de l’extrêmeLa boulange mène à tout…L’auteur, Alain Juignet, nous offre  une description sur la vie en expatriation dans  les milieux extrêmes.

C’est un ouvrage d’une autobiographie et  de ses témoignages. Les conditions climatiques,  et les moyens de transport, d’approvisionnement  et de stockage, lorsque l’imprévisible et une réalité quotidienne ; seule l’expérience des équipes  qui ont la maîtrise et la logistique font la différence. L’auteur, s’attache avant tout à présenter  d’une manière simple, ces pays en passant par  le Congo, Polynésie française, l’Arabie Saoudite, l’Algérie, le Nigeria, l’Irak, l’Allemagne de l’Est.

Enfin l’immense parcours avec la transatlantique les car-ferries, et enfin une compagnie pétrolière maritime au long cours, pour finir par  les ravitaillements en océan Austral Antarctique  des îles de l’archipel du Crozet et les îles Kerguelen.

Au fil du temps, l’auteur fait grâce  à ce merveilleux métier, qui est l’expatriation et  la navigation de l’extrême, avec les magnifiques rencontres.

À propos de l’auteur

Alain JuignetC’est le 3 avril 1952 que naît. À Saint Pierre du Lorouër en Sarthe Alain Juignet. En 1966, lorsqu’il atteint ses 14 ans. Il commencera, une carrière dans une profession, comme apprenti Boulanger, il exerce ce métier pendant sept années, puis il complètera sa formation dans l’hôtellerie restauration en passant par l’école hôtelière de Vichy. Qui le conduira dans les grands hôtels de luxe. Par la suite se dirigera vers une entreprise lointaine internationale de restauration hôtelière dans la gestion des bases vie à terre et plate-forme pétrolière en mer Nigéria, Congo.

Pour nourrir, loger, servir et assurer le bien-être à des milliers de personnes réunies au bout du monde. Puis comme inscrit maritime à Marseille pour la marine marchande, le conduira vers le canal de Suez, canal du Panama et finira ces missions d’aventurier dans l’archipel des îles du Crozet, puis les îles Kerguelen. Après 20 ans à l’internationale, il reviendra en France pour travailler dans l’industrie agroalimentaire.

La boulange mène à tout ! Et ce mitron-là n’hésitera pas à élargir son périmètre professionnel et géographique. Alain Juignet, personnage de basse extraction — douzième enfant d’une fratrie de treize — va vite fuir le cercle familial et sa languide campagne sarthoise (Saint-Pierre-du-Lorouër) pour des contrées lointaines. Ici, nous n’en avons retenues que deux (pour notre centre d’intérêt sur le nucléaire), Mururoa et Tamouz.
Passée la boulange, une autre formation dans l’hôtellerie, à Vichy, aura tôt fait d’élargir ses champs professionnels, affectifs, artistiques (photo) et éducatifs. Des conférences du vulcanologue Aroun Tazieff et du documentariste Christian Zuber (1), connu pour ses émissions télévisées Caméra au poing et ses conférences à Connaissance du Monde, l’initient aussi à l’écologie balbutiante et l’ouvrent au monde.
Evidemment, Alain Juignet a arpenté bien d’autre lieux que ceux retenus dans notre chapeau. Il a baroudé dans de multiples points chauds ou pays fermés de la planète. Dans des « bases vie ». J’ignorais tout de cette expression qui recouvre la gestion et l’intendance, alimentaire pour l’essentiel, sur des villages temporaires à l’occasion de gros chantiers : sites miniers, plates-formes pétrolières, etc.
Nommé à Mururoa, c’est là qu’il sera amené à coudoyer les grands artificiers des forces militaires françaises jouant avec des allumettes peu ordinaires. Au cours de ses divers séjours, il assistera à quatorze explosions nucléaires souterraines (2), dont une à neutrons (essai Pylade, 22/03/1978, officiellement 1980). Des tirs allant de 5 à 150 kt, tous invariablement parfaits selon les autorités. Alain Juignet, lui, repère déjà des raisons d’en douter, d’où, sans doute, son engagement d’aujourd’hui (voir plus loin). Des documents récemment déclassifiés révèlent le silence et/ou la désinformation qui entouraient ces nombreux essais : pollutions atmosphérique, terrestre et marine, déstabilisation des lagons…
Plus tard, sur la « base vie » du chantier de l’aéroport de Bagdad (Saddam Hussein Airport), il assistera au déluge de bombes déversées par l’aviation israélienne le 7 juin 1981 sur la centrale nucléaire voisine de Tamouz, en Irak, et aux ripostes de la DCA de ce pays. A distance, certes, quatre kilomètres à vol d’oiseau. Mais, mieux valait ne pas être au cœur de cette opération baptisée Opéra. Cette centrale, nommée Osirak (3) — cyniquement appelée Ô-Chirac par les israéliens et la presse francophone —, n’était pas encore chargée en combustible mais l’intensité du pilonnage avait de quoi sidérer la population environnante et, partant, de redouter l’instabilité de la région. Paradoxe, Israël était (est) elle-même détentrice de nombreuses charges nucléaires produites à la centrale de Dimona, au sud du pays (4). Une centrale construite (elle aussi) à partir de technologies fournies par la France.
C’est Ouest-France qui nous a révélés cet instable quidam à la santé fragile qui survivra néanmoins à un piqûre létale d’une « sorcière velue » (araignée) survenue au Congo mais soignée en France. Notre curiosité s’est évidemment dirigée vers son livre. Hélas, l’essentiel est déjà livré dans l’interview qu’il a accordée le 17 janvier 2015 au dit journal (cf. ci-dessous) ! Voire plus, sur son avenir post-professionnel : aujourd’hui, il s’est retiré à Durtal et s’investit dans l’AVEN (Association des vétérans des essais nucléaires), sans rien livrer sur son propre état de santé suite aux radiations dont il a forcément été victime. Si la loi Morin du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français ouvre enfin aux victimes la possibilité d’être reconnues en tant que telles, perfidement, peu parviennent à l’être, et l’obtention de réparations avance au train de sénateur. Et justement ! un ex-sénateur du département, Marcel-Pierre Cléach, a longuement été membre de la commission consultative de suivi des conséquences des essais nucléaires (5). Pourrait-il l’être encore ? Nous lui souhaitons bon courage dans cette énième activité a priori plus sédentaire.
On peut passer à côté de la vie et de l’œuvre d’Alain Juignet. Nous, nous espérons bien sûr le rencontrer un jour !
Boulanger de l’extrême, publié aux éditions Persée (140 pages, 16,30

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Publié le 16 août 2016, dans Nouvelles parutions, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

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    Boulanger de l’extrême de Alain Juignet

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