Boulanger de L\’extrême d\’Alain Juignet

Boulanger de L\’extrême d\’Alain Juignet

Source : Boulanger de L\’extrême d\’Alain Juignet

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L’auteur le plus apprécié… c’est qui ? C’est quoi ?

Bien des sites de ventes de livres (la Fnac, Amazon…) nous invitent à laisser des commentaires sur les livres que nous avons achetés chez eux. Bien entendu, il ne s’agit pas pour ces enseignes commerciales de faire plaisir à l’auteur, mais plutôt d’assurer leur notoriété en utilisant ces commentaires dans un but essentiellement publicitaire.

Amazon est l’un des plus encourageants dans ce sens, puisque son idéologie a toujours été de s’assurer une place dominante sur le marché en vendant de tout partout. Bien des commerçants lui vouent une rancœur non dissimulée, du fait de son attitude arrogante. C’est justement cette attitude qui favorise un phénomène qui se fait de plus en plus jour dans la critique littéraire – celle des consommateurs, entendons-nous bien.

Ainsi, c’est lorsqu’un même auteur bénéficie d’un nombre confortable de commentaires, positifs ou négatifs, que l’on peut observer ce phénomène.

Comme il ne peut plaire à tout le monde, l’auteur peut recevoir autant de commentaires négatifs que positifs. Quand on les lit attentivement, on constate que les commentaires négatifs sont tous différents, selon leurs critères et leurs signataires, qui sont rarement les mêmes. Par contre, les commentaires positifs émanent très souvent des mêmes personnes et se répandent en éloges à ce point dithyrambiques qu’ils en deviennent outranciers et, par le fait même, fort peu crédibles.

Le constat s’impose de lui-même : les commentaires positifs (et outranciers) émanent des amis de l’auteur, qui l’abreuvent d’éloges pour lui faire plaisir – on est amis ou on ne l’est pas ! Quant aux autres, les moins engagés et souvent les plus négatifs, ils proviennent d’inconnus, qui n’ont jamais vu l’auteur et ne jugent que son livre.

Conclusion : lorsqu’un auteur ne reçoit d’éloges que de ses intimes et d’une façon outrancière, on peut en déduire que son(ses) livre(s) ne vaut(valent) pas grand-chose, sans quoi le public en général lui réserverait un accueil plus nuancé et plus sincère.

Auteurs, méfiez-vous des dithyrambes, des flatteurs. De même, ne croyez pas que les critiques négatives condamnent votre ouvrage : elles doivent servir avant tout à faire votre autocritique, donc à vous permettre de progresser. Enfin, si vous rencontrez des critiques injurieuses ou, du moins, outrancières dans leurs jugements négatifs[1], faites comme les Apôtres : secouez la poussière de vos pieds et passez votre chemin.

 

Thierry ROLLET

[1] Par exemple, si une critique accuse l’auteur de ne pas savoir écrire. Celui qui émet ce jugement prétentieux est-il écrivain lui-même ? Sûrement pas car, s’il l’était, il n’oserait pas juger ainsi ses pairs ! Rejetez donc ce genre de trublion, qui ne mérite que votre mépris.

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